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  • : Clés de Vie
  •                 Clés de Vie
  • : Aller à l'essence de ce qui fait fonctionner la vie et le monde, duquel on ne voit, tel un iceberg, que la partie visible, la partie la plus infime. Christophe - Naturopthe (santé intestinale - Paris) 06 58 89 82 99 cetienne8 (at) yahoo.fr
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 10:18
 
 Ce livre fait beaucoup de bruit parmis les personnes qui s'interrogent  
 sur le sens de la vie. Et Dieu sait si nous sommes nombreux ! 
 Ce témoignage est unique car le Dr Eben connait particulièrement bien 
 le fonctionnement du cerveau. Ainsi il répond dans ce livre aux  
 détracteurs de la réalité de l'expérience de NDE (near  
 death experiment). 
   
 Il s'agit d'une prise de conscience assez epoustouflante... il a pris  
 son courage à deux mains pour témoigner de façon brillante de ce qu'il a  
 vécu, de ce qu'il a compris et intégré. Tout à fait remarquable.  
 Je vous encourage à acheter ce livre ! 
 Voir les videos plus bas. 
 
  
 
 La preuve du paradis  
 Voyage d'un neuro-chirurgien dans l'après-vie  

 

Le Dr Eben Alexander est neurochirurgien depuis vingt-cinq ans, dont quinze ans passés à l'hôpital des femmes et à l'hôpital des enfants de Brigham, ainsi qu'à la Faculté de médecine de l'Université Harvard.

Le Dr Eben Alexander, comme la plupart des scientifiques, avait toujours nié la réalité des expériences de mort imminente (EMI). Neurochirurgien formé dans les meilleures écoles américaines, il pensait que si les EMI semblent bien réelles, elles ne sont en fait que de simples fantasmes produits par un cerveau en situation de stress extrême.

Pourtant, à la suite d'une maladie rare, le Dr Alexander est plongé dans le coma, en état de mort cérébrale. Au bout de sept jours, alors que ses médecins envisageaient de le « débrancher », ses yeux se sont ouverts. Il était revenu à la vie.

La guérison du Dr Alexander est en soi un miracle médical. Mais le véritable miracle réside ailleurs. Alors que son corps était plongé dans un coma profond, Eben Alexander a voyagé au-delà de ce monde, au sein des niveaux les plus profonds de l'existence supra-physique, et ce qu'il en rapporte est tout simplement... inimaginable !

Pour autant, l'aventure du Dr Alexander n'est pas une fiction. Il démontre, par des faits précis, que la mort du corps et du cerveau n'entraîne pas la fin de la conscience, que l'expérience humaine continue au-delà. Vécue par n'importe qui d'autre, cette histoire serait déjà extraordinaire. Mais le fait qu'elle soit arrivée à un neurochirurgien la rend révolutionnaire. Aucun scientifique ni aucune personne de foi ne pourra l'ignorer.

« L’expérience de mort imminente du Dr Eben Alexander est l'histoire la plus fantastique que j'aie entendue depuis 40 ans que j'étudie ce phénomène. Cet homme est la preuve vivante de l'existence de l'après-vie. » (Raymond A. Moody)

 Voici quelques extraits de son livre, traduit en français et paru aux  
 éditions Guy Trédaniel.  
 Dans les chapitres suivants, il décrit son expérience de l’Au-delà... (...) 

5. Le Monde souterrain


L'obscurité, mais une obscurité visible – comme être pris dans la boue tout en étant capable de voir à travers. Ou peut-être qu'une meilleure description serait de la gelée sale. Transparente, mais d'une manière trouble, floue, claustrophobe et suffocante. La conscience, mais une conscience sans mémoire ni identité – comme un rêve dans lequel vous savez ce qui se passe autour de vous, mais vous n'avez pas vraiment idée de qui, ou de quoi, vous êtes.

Le son, aussi : un battement rythmique, lointain et pourtant puissant, dont chaque pulsation vous traverse entièrement. Comme un battement de cœur ? Un peu, mais plus sombre, plus mécanique – comme le son du métal contre le métal, comme si un forgeron souterrain géant martelait une enclume quelque part au loin : tapant si fort que le son vibre à travers la terre, ou la boue, quelle que soit la vraie nature de cet endroit.

Je n'avais pas de corps – pas dont j'avais conscience en tout cas. J'étais simplement... là, dans cet endroit où l'obscurité pulsait, martelait. J'aurais alors pu l'appeler « primordiale ». Mais au moment où cela se produisait, je ne connaissais plus ce mot. En fait, je ne connaissais plus aucun mot. Les mots utilisés ici sont venus bien plus tard lorsque, de retour dans ce monde, j'ai écrit mes souvenirs. Le langage, l'émotion, la logique : tout cela était parti, comme si j'avais régressé au niveau d'un être des tout premiers stades de la vie, peut-être aussi loin que la bactérie primitive qui, à mon insu, avait pris le contrôle de mon cerveau et l'avait éteint.

Combien de temps suis-je resté dans ce monde ? Je n'en ai aucune idée. Quand on se rend dans un endroit où il n'y a pas de sensation du temps telle que nous la connaissons dans le monde ordinaire, décrire précisément ce que l’on ressent est presque impossible. Quand cela se produisait, quand j'étais là, j'avais l'impression (quel que soit ce « je ») que j'avais toujours été là et que je continuerais toujours à l'être.

Cependant, au moins dans un premier temps, je ne m'en souciais guère. Pourquoi le ferais-je, après tout, puisque cet état d'existence était le seul que j'avais jamais connu ? N'ayant aucun souvenir de quelque chose de mieux, je n'étais pas particulièrement mécontent d'être là où j'étais. Je me rappelle avoir conceptualisé que j'allais peut-être survivre ou non, mais mon indifférence à cette éventualité ne faisait que renforcer mon sentiment d'invulnérabilité. Je n'avais aucune idée des lois qui gouvernaient ce monde dans lequel je me trouvais, mais je n'étais pas pressé de les apprendre. Après tout, pour quoi faire ?

Je ne peux pas dire quand ça a commencé exactement mais, à un certain point, je me suis mis à avoir conscience de la présence d'objets autour de moi. Ils étaient un peu comme des racines, un peu comme des vaisseaux sanguins dans un gros ventre boueux. Ils émettaient un rougeoiement sombre et sale, venaient de très haut et plongeaient aussi loin vers le bas. Rétrospectivement, regarder tout cela était comme être une taupe ou un ver de terre, enfoui profondément dans le sol et cependant capable de percevoir la matrice enchevêtrée des racines et des plantes autour.

C'est pourquoi, en repensant à cet endroit par la suite, j'en suis venu à l'appeler le Monde Vu du Ver de terre. Pendant longtemps, j'ai suspecté que c'était peut-être une sorte de souvenir de ce que mon cerveau a ressenti au moment où la bactérie commençait à prendre le dessus.

Mais, plus je pensais à cette explication (je rappelle que c'était bien plus tard) et moins elle avait de sens. Car – aussi difficile à imaginer que ce soit si l'on n'est pas soi-même allé dans ce lieu – ma conscience n'était pas brumeuse ou dénaturée lorsque je m'y trouvais. Elle était seulement... limitée. Je n'étais pas humain pendant que j'étais à cet endroit. Je n'étais même pas animal. J'étais quelque chose en amont, et en dessous, de tout cela. J'étais seulement un point de conscience solitaire dans une éternelle mer rouge-brun.

Plus je restais dans cet endroit et moins je m'y sentais bien. J'étais, dans un premier temps, immergé si profondément à l'intérieur qu'il n'y avait pas de différence entre « moi » et cet élément mi-effrayant, mi-familier qui m'entourait. Mais, peu à peu, cette sensation d'immersion profonde, intemporelle et sans limites a laissé place à autre chose : le sentiment que je n'appartenais pas vraiment et même pas du tout à ce monde souterrain, mais que je m'y trouvais piégé.

Des visages grotesques d'animaux sortaient de la boue, grognaient ou hurlaient, puis disparaissaient de nouveau. J'ai entendu quelques hurlements sourds. Ils se transformaient parfois en chants rythmiques de faible intensité, des chants à la fois terrifiants et étrangement familiers – comme si à un certain point je les avais tous connus et fredonnés moi-même.

Puisque je n'avais aucun souvenir de mon existence précédente, ma présence dans cet espace a duré, duré. Des mois ? Des années ? Une éternité ? Quelle que soit la réponse, j'ai finalement atteint un degré où la sensation de grouillement désagréable l'a totalement emporté sur le sentiment familier d'être à la maison. Plus je commençais à sentir un moi – en tant que séparé de l'obscurité froide et humide qui m'entourait – plus les visages qui sortaient de l'obscurité devenaient affreux et menaçants. Le martèlement rythmique que j'entendais au loin s'est également renforcé et intensifié – comme le pas de marche d'une armée de trolls, travailleurs du dessous assurant une tâche sans fin, sauvagement monotone. Le mouvement autour de moi est devenu moins visuel et plus tactile, comme si des créatures reptiliennes ou semblables à des vers se pressaient autour de moi, me touchant à l'occasion avec leur peau douce ou rugueuse.

Puis j'ai pris conscience d'une odeur : un peu comme des excréments, un peu comme du sang, un peu comme du vomi. Une odeur biologique en d'autres termes, mais de mort biologique plutôt que de vie biologique. Plus ma conscience s'aiguisait et plus j'approchais de la panique. Qui ou quoi que j'étais, je n'avais rien à faire là. Je devais sortir. Mais où irais-je ?

Alors même que je posais cette question, quelque chose de nouveau a émergé de l'obscurité au-dessus de moi : quelque chose qui n'était ni froid ni mort ni sombre, mais l'exact opposé de tout cela. Même si j'essayais pendant le restant de mes jours, je ne parviendrais jamais à rendre justice à cette entité qui maintenant s'approchait de moi... en tentant de décrire combien elle était belle. Mais je vais tout de même essayer. (...)

7. La Mélodie tournoyante et le Passage


Quelque chose était apparu dans l'obscurité. Tournant lentement, cela irradiait de fins filaments d'une lumière blanche et dorée, et peu à peu l'obscurité autour de moi a commencé à se fendre et se disperser. Alors, j'ai entendu un autre son : un son vivant, comme la pièce de musique la plus riche, la plus complexe, la plus belle qu'on ait jamais entendue. Gagnant en intensité alors que la pure lumière blanche descendait, il s'est surimposé au battement mécanique et monotone qui, depuis des éons semblait-il, avait été mon unique compagnie jusqu'alors.

La lumière s'est approchée encore et encore, tournoyant sur elle-même et générant ces filaments de pure lumière blanche, dont je voyais à présent qu'ils étaient teintés, ici et là, de pointes d'or. Puis, au centre même de cette lumière, une autre chose est apparue. J'ai concentré toute mon attention, essayant de comprendre de quoi il s'agissait. Une ouverture. Je n'étais plus du tout en train de regarder la lumière qui tournoyait doucement, je regardais à travers elle.

Au moment même où j'ai compris cela, j'ai commencé à m'élever. Rapidement. J'ai entendu un souffle, et en un flash je suis passé par cette ouverture et je me suis retrouvé dans un monde entièrement nouveau. Le monde le plus étrange et le plus beau que je n'avais jamais vu.

Brillant, vibrant, extatique, stupéfiant... Je pourrais aligner les adjectifs les uns après les autres pour décrire ce à quoi ce monde ressemblait et ce qu'on y éprouvait, mais aucun n'y parviendrait. J'avais l'impression que je venais de naître. Je n'étais pas re-né ou né de nouveau. Seulement... né.

Au-dessous de moi se trouvait un paysage de campagne. C'était vert, luxuriant et terrestre. C'était la terre... mais en même temps ce n'était pas elle. Comme lorsque vos parents vous ramènent à un endroit où vous avez vécu plusieurs années quand vous étiez enfant. Vous ne reconnaissez pas l'endroit. Ou, en tout cas, vous pensez ne pas le reconnaître. Mais en regardant autour de vous, quelque chose vous attire et vous comprenez qu’une part de vous-même – une part très profonde – se souvient en effet de cet endroit et se réjouit de s'y retrouver.

Je volais, je passais au-dessus des arbres et des champs, des ruisseaux et des chutes d'eau, et ici et là, des groupes de personnes. Il y avait aussi des enfants qui riaient et jouaient. Ces gens chantaient et dansaient en cercles, et parfois je voyais un chien qui courait et sautait parmi eux, tout aussi joyeux. Ils portaient des vêtements simples mais magnifiques, et il me semblait que les couleurs de ces vêtements contenaient le même type de chaleur vivante que les arbres et les fleurs qui prospéraient et s'épanouissaient dans la campagne autour d'eux.

Un monde de rêve incroyable et merveilleux... Sauf que ce n'était pas un rêve. Bien que je ne savais pas où j'étais ni même ce que j'étais, j'étais absolument sûr d'une chose : cet endroit dans lequel je me trouvais tout à coup était totalement réel. Le mot réel exprime quelque chose d'abstrait et il est désespérément impropre à transmettre ce que j'essaie de décrire. Imaginez que vous êtes un enfant qui se rend au cinéma un jour d'été. Le film était peut-être bon et vous avez apprécié de rester assis à le regarder. Mais une fois terminé, vous quittez le cinéma pour retrouver la chaleur profonde, vibrante, accueillante de l'après-midi d'été. Et alors que l'air et les rayons du soleil vous caressent, vous vous demandez bien pourquoi vous avez gâché cette superbe journée dans un cinéma obscur. Multipliez ce sentiment par mille et vous serez toujours bien loin de ce que je ressentais là où j'étais.

Je ne sais pas combien de temps exactement j'ai passé à voler. (Le temps dans cet endroit était différent du temps linéaire que nous connaissons sur terre et il est aussi désespérément difficile à décrire que tous les autres aspects.) Mais à un certain stade, j'ai compris que je n'étais pas seul là-haut.

Quelqu'un était à côté de moi : une belle jeune femme avec des pommettes hautes et les yeux d'un bleu profond. Elle portait le même type de vêtement de fermiers que les gens du village d'en dessous. Des tresses mordorées encadraient son joli visage. Nous volions tous deux, posés sur une surface aux motifs intriqués, vivante et pleine de couleurs indescriptibles et éclatantes – l'aile d'un papillon. En fait, des millions de papillons étaient autour de nous – de grandes vagues ondulantes de papillons plongeant dans la verdure et revenant voleter auprès de nous. Ce n'était pas un seul papillon distinct qui était apparu, mais tous ensemble en même temps, comme s'ils formaient une rivière de vie et de couleur en se déplaçant dans l'air. Nous volions en formation libre au-dessus des fleurs et des bourgeons chatoyants sur les arbres, qui s'ouvraient alors que nous passions près d'eux.

Les vêtements de la jeune femme étaient simples, mais leurs couleurs – bleu pastel, indigo, orange-pêche pastel – avaient le même caractère étonnamment vivant et vibrant que tout ce qui se trouvait là. Elle a posé sur moi un regard qui, si on le regardait quelques instants, justifiait à lui seul d'avoir vécu jusque-là, quoi qu'il se soit passé dans sa vie. Ce n'était pas un regard romantique. Ce n'était pas un regard d'amitié. Ce regard était en quelque sorte au-delà de tout ceci... au-delà de tous les différents types d'amour que nous avons ici sur terre. C'était quelque chose de plus élevé, qui contenait en lui toutes ces autres sortes d'amour et qui en même temps était plus authentique et plus pur qu'elles.

Sans utiliser aucun mot, elle m'a parlé. Le message m'a traversé comme le vent et j'ai immédiatement compris que c'était authentique. Je le savais tout comme je savais que le monde autour de nous était réel – qu'il n'était pas un fantasme, évanescent et sans substance.

Le message avait trois parties et si je devais les traduire en langage terrestre, je dirais quelque chose comme ceci : « Tu es aimé et chéri, totalement, pour toujours. Il n'y a rien dont tu doives avoir peur. Il n'y a rien que tu puisses faire mal. » Le message coulait en moi accompagné d'une immense et folle sensation de soulagement. C'était comme si on me donnait les règles d'un jeu auquel j'avais joué toute ma vie sans jamais pleinement le comprendre.

« Nous te montrerons beaucoup de choses, ici », a dit la jeune femme – de nouveau, sans réellement utiliser ces mots, mais en transmettant leur essence conceptuelle directement en moi. « Mais finalement, tu retourneras. »

À cela, je n'avais qu'une question. Retourner où ? Rappelez-vous qui écrit ces lignes en ce moment. Je ne suis pas un sentimentaliste crédule. Je sais à quoi ressemble la mort. Je sais ce que c'est de voir une personne vivante, avec qui vous avez parlé et plaisanté lors de jours meilleurs, devenir un objet sans vie sur une table d'opération après que vous avez lutté pendant des heures pour que la machine corporelle continue à fonctionner. Je sais à quoi ressemblent la souffrance et la douleur sur les visages déconcertés des proches qui ont perdu quelqu'un qu'ils n'avaient jamais imaginé perdre. Je connais la biologie et, bien que je ne sois pas physicien, j'en connais également un peu dans ce domaine. Je sais faire la différence entre le fantasme et la réalité, et je sais que l'expérience dont je tente péniblement de vous donner une image vague et totalement insatisfaisante était l'expérience la plus réelle de ma vie. En fait, la seule autre expérience avec laquelle je pourrais la comparer dans le secteur de la réalité était celle qui est venue ensuite. (...)

9. Le Cœur


Pendant ce temps-là, je me trouvais au milieu des nuages. De gros nuages joufflus blanc-rose qui se détachaient nettement sur le ciel d'un bleu-noir profond. Au-dessus des nuages – infiniment plus haut –, des colonies de sphères translucides, êtres scintillants parsemant le ciel et laissant derrière eux de longues traînées, comme d'immenses serpentins. Des oiseaux ? Des anges ? Ces mots sont venus lorsque j'écrivais mes souvenirs. Mais aucun d'eux ne rend justice à ces êtres, qui étaient tout simplement différents de tout ce que je connais sur cette planète. Ils étaient plus développés. Plus évolués.

Un son, énorme et retentissant comme un chant glorieux est descendu vers moi, et je me suis demandé si les êtres ailés le produisaient. De nouveau, en y repensant plus tard, il m'est venu que la joie de ces créatures était telle, alors qu'elles s'élevaient ensemble, qu'elles devaient produire ce son – que si la joie ne s'échappait pas d'elles de cette façon, alors elles ne seraient tout simplement pas capables de la contenir. Le son était palpable et presque matériel, comme une pluie fine que l'on peut sentir sur sa peau, mais qui ne mouille pas.

Voir et entendre n'étaient pas deux choses distinctes dans cet endroit où je me trouvais à présent. Je pouvais entendre la beauté visuelle des corps argentés de ces êtres scintillants au-dessus de moi, et je pouvais voir la perfection joyeuse et déferlante de ce qu'ils chantaient. Il semblait que l'on ne pouvait pas regarder ou écouter quoi que ce soit dans ce monde sans en devenir une partie – sans le rejoindre d'une façon mystérieuse. De nouveau, de ma perspective actuelle, je dirais que l’on ne pouvait pas regarder en direction de quoi que ce soit dans ce monde, puisque cette formule suppose une séparation qui n'existait pas à cet endroit. Tout était distinct et en même temps tout faisait partie d'autre chose, comme les motifs richement entrelacés des tapis persans... ou d'une aile de papillon.

Un vent chaud s'est mis à souffler, comme celui qui se lève les plus beaux jours d'été, agitant les feuilles des arbres et s'écoulant comme une eau divine. Une brise céleste. Cela a tout changé, élevant le monde autour de moi encore une octave au-dessus, à une plus haute vibration. Même si je n'avais pas pleinement la fonction du langage, en tout cas comme on l'entend sur terre, j'ai commencé à lancer des questions sans mots dans le vent – et à l'intention de l'être divin que je sentais à l'oeuvre derrière, ou à l'intérieur de celui-ci.

Où se trouve cet endroit ? Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ? À chaque fois que je posais silencieusement l'une de ces questions, la réponse venait instantanément dans une explosion de lumière, de couleur et de beauté qui me transperçait comme une vague qui se brise. L'important est que ces déflagrations ne faisaient pas simplement taire mon questionnement en le submergeant. Elles lui répondaient, mais d'une façon qui court-circuite le langage. Les pensées pénétraient directement en moi. Il ne s'agissait pas non plus de pensées telles que nous les connaissons ici. Elles n'étaient pas vagues, immatérielles ou abstraites. Ces pensées étaient solides et immédiates – plus brûlantes que le feu et plus humides que l'eau – et alors que je les recevais, j'étais capable de comprendre instantanément et sans effort des concepts qu'il m'aurait fallu des années pour saisir pleinement au cours de ma vie terrestre.

J'ai continué à avancer et me suis retrouvé pénétrant dans un vide immense, totalement sombre, infiniment grand, mais aussi infiniment réconfortant. Bien que d'un noir total, il débordait de lumière : une lumière qui semblait venir d'une sphère brillante que je sentais maintenant près de moi. Une sphère qui était vivante et presque solide, comme l'étaient les chants des êtres angéliques.

Aussi étrange que cela semble, ma situation était assez proche de celle d'un fœtus dans un utérus. Le fœtus flotte dans l'utérus associé au placenta qui le nourrit et permet ses relations avec l'omniprésente mais pourtant invisible mère. Dans ce cas, la « mère » était Dieu, le Créateur, la Source qui est responsable de la création de l'univers et de tout ce qu'il contient. Cet Être était si proche qu'il semblait n'y avoir aucune distance entre Dieu et moi. Et en même temps, je pouvais sentir l'immensité infinie du Créateur, je pouvais voir à quel point j'étais minuscule en comparaison. J'emploierai occasionnellement le terme Om comme le pronom de Dieu, car c'est le terme que j'ai utilisé dans mes premiers écrits après le coma. « Om » était le son que je me souvenais avoir entendu en association avec ce Dieu omniscient, omnipotent et aimant inconditionnellement, mais aucun mot ne peut convenir.

L'immensité pure qui me séparait d'Om était, je le comprenais, la raison pour laquelle la sphère m'accompagnait. D'une certaine façon que je ne pouvais pleinement comprendre mais dont j'étais absolument convaincu, la sphère était une sorte d’« interprète » entre moi et cette extraordinaire présence qui m'entourait. C'était comme si j'étais né dans un monde plus grand, et l'Univers lui-même était comme un utérus cosmique géant, et la sphère (qui d'une certaine façon restait connectée à la Fille sur l'Aile du Papillon, qui en fait était elle) me guidait à travers ce processus.

Plus tard, une fois de retour dans ce monde, j'ai trouvé une citation du poète chrétien du xv-iie siècle Henry Vaughan qui s'approche d'une description de cet endroit – ce gigantesque cœur d'encre noire qui était la résidence du Divin lui-même. « Il y a en Dieu, dit-on, une obscurité profonde mais éblouissante...» C'était cela, exactement : une obscurité totale qui était également inondée de lumière.

Les questions et les réponses ont continué. Bien qu'elles ne prenaient toujours pas la forme du langage tel que nous le connaissons, la « voix » de cet Être était chaude et – aussi étrange que cela puisse sembler – personnelle. Elle comprenait les humains et elle possédait les qualités que nous possédons, mais dans une mesure infiniment plus grande. Elle me connaissait profondément et débordait des qualités que j'ai toute ma vie associées aux êtres humains et seulement eux : chaleur, compassion, pathos... et même ironie et humour.

À travers la sphère, Om m'a dit qu’il n'y a pas qu'un Univers mais beaucoup – en fait, plus que je ne pouvais concevoir –, mais que l'amour trône au centre de chacun. Le mal était également présent dans tous les autres univers, mais seulement à l'état de faibles traces. Le mal était nécessaire parce que, sans lui, le libre arbitre était impossible, et sans le libre arbitre il ne pouvait y avoir de croissance – pas de mouvement vers l'avant, pas d'occasion pour nous de devenir ce que Dieu voulait ardemment que nous devenions. Aussi horrible et tout puissant que le mal semblait parfois être dans un monde tel que le nôtre, avec du recul l'amour dominait de façon écrasante et serait finalement vainqueur.

J'ai vu l'abondance des formes de vie à travers un nombre incalculable d'univers, dont certaines étaient d'une intelligence bien supérieure à celle de l'humanité. J'ai vu qu’il existait énormément de dimensions plus élevées, mais que la seule façon de connaître ces dimensions est d'y entrer et d'en faire directement l'expérience. Elles ne peuvent être connues, ni comprises, depuis les dimensions inférieures de l'espace. La loi de cause à effet existe dans ces plans supérieurs, mais loin de la conception matérialiste que nous en avons. Le monde du temps et de l'espace dans lequel nous nous déplaçons au niveau terrestre est fermement et étroitement entrelacé avec les plans supérieurs. En d'autres termes, ces mondes ne sont pas entièrement séparés de nous, car tous les mondes font partie de la même Réalité divine globale. Depuis ces mondes supérieurs, on peut accéder à n'importe quel moment, ou n'importe quel endroit, de notre monde matériel.

Il me faudra le reste de ma vie, et plus encore, pour redécouvrir ce que j'ai appris là-haut. La connaissance qui m'a été donnée n'a pas été « enseignée » comme le seraient une leçon d'histoire ou un théorème de mathématiques. Les intuitions se produisent directement, sans avoir besoin d'être ajustées et absorbées. Cette connaissance a été intégrée sans mémorisation, instantanément et une fois pour toutes. Elle ne s'est pas évanouie comme l'information ordinaire et à ce jour je la possède toujours pleinement, bien plus clairement que je ne possède les informations que j'ai accumulées au long de mes années d'études.

Cela ne veut pas dire que je peux accéder à ce savoir en claquant des doigts. Car, maintenant que je suis de retour dans cette réalité matérielle, je dois le faire cheminer à travers mon corps physique et mon cerveau limités. Mais il est là. Je le ressens, installé dans mon être profond. Pour quelqu'un comme moi qui a passé sa vie à travailler dur pour acquérir à l'ancienne des connaissances et une compréhension, la découverte de ce niveau supérieur de savoir a suffi, à elle seule, à me donner matière à réflexion pour longtemps... Malheureusement, pour ma famille et mes médecins en bas sur terre, la situation était bien différente. (...)

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12. Le Cœur


Quelque chose me tirait. Non pas comme quelqu'un qui aurait saisi mon bras, mais quelque chose de plus subtil, de moins physique. C'était un peu comme quand le soleil se cache derrière un nuage et que l'on sent son humeur changer instantanément en réponse. Je retournais, je m'éloignais du Cœur. Sa brillante noirceur d'encre s'est fondue dans le vert panorama du Passage avec tous ses paysages éblouissants. En regardant vers le bas, j'ai vu de nouveau les villageois, les arbres, les rivières étincelantes et les chutes, de même que les êtres angéliques qui formaient un arc au-dessus.

Ma compagne était présente également. Elle avait bien sûr été là tout au long de mon voyage dans le Cœur, sous forme d'une sphère de lumière. Mais elle avait maintenant repris sa forme humaine. Elle portait la même belle robe et, en la revoyant j'étais comme un enfant perdu dans une grande ville étrangère qui croise soudain un visage familier. Quel cadeau ! « Nous te montrerons beaucoup de choses, puis tu retourneras. » Ce message, qui m'avait été délivré sans aucun mot à rentrée de l'obscurité sans fond du Cœur, me revenait maintenant. Et je comprenais également où je « retournais » : le Monde Vu du Ver de terre où j'avais commencé cette odyssée. Mais cette fois, c'était différent. En me déplaçant dans l'obscurité avec la pleine connaissance de ce qui se trouvait au-dessus, je ne revivais pas l'angoisse que j'avais connue la première fois. Alors que la glorieuse musique du Passage s'estompait et que le martèlement pulsatile du niveau inférieur reprenait, j'entendais et je regardais tout cela comme un adulte regarde un endroit dont il avait peur autrefois, mais plus maintenant. La mélasse et la noirceur, les visages qui se formaient puis disparaissaient, les racines comme des artères qui plongeaient dans les profondeurs ne déclenchaient plus aucune terreur chez moi, car je comprenais – à ce moment-là je comprenais tout sans le support des mots – que je n'appartenais pas à cet endroit, mais que je ne faisais que le visiter.

Mais pourquoi le visitais-je à nouveau ? La réponse est venue à moi de la même façon, instantanée et non verbale, que les réponses m'étaient parvenues dans le monde supérieur. Toute cette aventure, commençais-je à comprendre, était une sorte de visite – un genre de grand panorama de l'invisible, de la face spirituelle de l'existence. Et comme toutes les bonnes visites, cela incluait tous les étages et tous les niveaux.

Une fois de retour à ce niveau inférieur, les caprices du temps des plans situés au-delà de ce que je connaissais sur cette terre ont continué à avoir cours. Pour avoir une petite – seulement une toute petite – idée de l'impression que cela procure, pensez à la façon dont le temps se manifeste dans les rêves. Dans un rêve, il devient délicat d'utiliser les termes « avant » et « après ». On peut se trouver dans une partie du rêve et savoir ce qui va arriver même si on ne l'a pas encore vécu. Mon « temps » au-delà était quelque chose de cet ordre – mais je dois aussi souligner que ce qui m'est arrivé n'avait rien de la confusion obscure de nos rêves terrestres, sauf au tout début alors que j'étais encore dans le monde souterrain.

Depuis combien de temps me trouvais-je là cette fois-ci ? À nouveau je n'en ai aucune idée précise – et aucun moyen de l'évaluer. Mais je sais qu'après être retourné à ce niveau inférieur, cela m'a pris du temps avant de découvrir qu'en fait je pouvais exercer un certain contrôle sur mon parcours – que je n'étais plus piégé dans ce monde inférieur. Au prix d'un sérieux effort, je pouvais retourner dans les plans supérieurs. À un certain point dans les noires profondeurs, j'ai voulu entendre de nouveau la Mélodie Tournoyante. Après une courte lutte pour me souvenir des notes, la sublime musique et les sphères de lumière qui l'émettaient sont apparues dans ma conscience. Elles ont tranché, une fois de plus, dans la gelée boueuse et j'ai commencé à m'élever.

Dans les mondes supérieurs, ainsi que je l'ai peu à peu découvert, connaître et être capable de penser à quelque chose suffit pour se déplacer dans sa direction. Penser à la Mélodie Tournoyante suffisait à la faire venir, et désirer les mondes supérieurs m'y emmenait. Plus je devenais familier avec le plan supérieur et plus il m'était facile d'y retourner. Pendant la période que j'ai passée hors de mon corps, j'ai fait ce déplacement aller-retour, depuis l'obscurité boueuse du Monde Vu du Ver de terre à la brillance émeraude du Passage, puis dans l'intense noirceur sacrée du Cœur, un grand nombre de fois. Impossible de dire combien exactement – de nouveau parce que le temps tel qu'il existait dans ces endroits ne se traduit pas dans notre conception du temps terrestre. Mais à chaque fois que je revenais dans le Cœur, j'allais plus loin que la fois précédente et j'en apprenais davantage, de cette manière non verbale, plus-que-verbale, dont toute chose est transmise dans les mondes supérieurs à celui-ci.

Cela ne veut pas dire que j'ai vu la totalité de l’Univers, ni lors de mon premier voyage depuis le Monde Vu du Ver de terre jusqu'au Cœur ni lors des suivants. En fait, l'une des vérités qui m'était enseignée dans le Cœur à chaque fois que j'y retournais était à quel point il est impossible de comprendre tout ce qui existe – que ce soit sous son aspect physique/visible ou son aspect spirituel invisible (bien plus grand), sans même mentionner les innombrables autres univers qui existent ou ont existé.

Mais rien de tout cela n'avait d'importance, car j'avais déjà reçu l'enseignement d'une chose – la seule chose – qui, en dernière analyse, comptait vraiment. J'avais d'abord reçu cet enseignement de la part de ma compagne sur l'aile du papillon lors de ma première entrée dans le Passage. Il était venu en trois parties, et pour le mettre à nouveau en mots (car bien sûr ce fut d'abord délivré sans mots), cela donnait quelque chose comme ça : « Tu es aimé et chéri. Il n'y a rien dont tu doives avoir peur. Il n'y a rien que tu puisses faire mal. » Si je devais concentrer ce message en une seule phrase, cela donnerait : Tu es aimé. Et si je devais le résumer encore davantage, en un seul mot, ce serait (bien sûr) tout simplement : Amour.

L'amour est sans aucun doute la base de toute chose. Non pas un amour abstrait, difficile à comprendre, mais l'amour au quotidien que tout le monde connaît – le genre d'amour que nous ressentons lorsque nous regardons notre partenaire de vie et nos enfants, ou même nos animaux familiers. Dans sa forme la plus pure et la plus puissante, cet amour n'est ni jaloux ni égoïste, mais inconditionnel. C'est la réalité des réalités, la glorieuse et insondable vérité qui vit et respire au cœur de chaque chose qui existe ou existera jamais, et aucune compréhension même approximative de qui – et de ce que nous sommes – ne peut être atteinte par celui qui l'ignore et ne l'incarne pas dans chacun de ses actes. Nous sommes loin de la réflexion scientifique ? Eh bien, je ne suis pas d'accord. Je reviens de cet endroit et rien ne pourrait me convaincre qu'il ne s'agit pas là de la plus grande vérité émotionnelle de l'Univers, mais également de la plus importante vérité scientifique.

J'ai raconté mon expérience et rencontré des personnes qui étudient ou ont vécu des expériences de mort imminente depuis plusieurs années maintenant. Je sais que la formule amour inconditionnel est largement mise en avant dans ces cercles. Combien d'entre nous peuvent saisir ce que cela signifie vraiment ? Je sais, bien sûr, pourquoi ces mots reviennent si souvent. C'est parce que de très nombreuses autres personnes ont vu ce que j'ai vu et ont fait la même expérience que moi. Mais tout comme moi, lorsqu'elles reviennent au niveau matériel, elles doivent passer par des mots, et seulement des mots, pour transmettre des expériences et des connaissances qui dépassent complètement le pouvoir des mots. Un peu comme essayer d'écrire un roman en utilisant seulement la moitié de l'alphabet.

Le premier obstacle que la plupart des témoins d'EMI doivent franchir n'est pas de se réhabituer aux limitations du monde matériel – bien qu'il s'agisse certainement d'un défi –, mais de faire comprendre comment l'amour qu'ils ont éprouvé là-haut est réellement ressenti. Au fond de nous, nous le savons déjà. Tout comme Dorothy dans Le Magicien d'Oz avait toujours la possibilité de rentrer à la maison, nous avons la capacité de retrouver notre connexion avec ce monde idyllique. Nous avons seulement oublié que nous l'avions, car pendant la période physique de notre existence, basée sur notre cerveau, celui-ci bloque, ou voile, l'arrière-plan cosmique, tout comme la lumière du soleil nous empêche de voir les étoiles chaque matin. Imaginez à quel point notre conception de l'Univers serait limitée si nous ne voyions jamais le ciel nocturne parsemé d'étoiles. Nous percevons seulement ce que le filtre de notre cerveau laisse passer. Le cerveau – en particulier son hémisphère gauche linguistique/logique, celui qui génère notre sens de la rationalité et la sensation d'être un soi ou un ego bien défini – est un obstacle à notre connaissance et à notre expérience supérieures.

J'ai la conviction que nous traversons maintenant un moment crucial de notre existence. Nous devons retrouver davantage de cette connaissance plus vaste pendant que nous vivons ici sur terre, et pendant que nos cerveaux (y compris les parties analytiques de l'hémisphère gauche) fonctionnent pleinement. La science – cette science à laquelle j'ai consacré tant de ma vie – n'est pas en contradiction avec ce que j'ai appris là-haut. Mais trop, bien trop de gens pensent que c'est le cas, car certains membres de la communauté scientifique qui sont inféodés à la vision matérialiste du monde ont répété encore et encore que science et spiritualité ne peuvent coexister.

Ils se trompent. Faire connaître plus largement ce fait ancien, mais absolument essentiel, est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre, et il rend tous les autres aspects de mon histoire – le mystère de ma contamination par la maladie, de la façon dont je me suis retrouvé conscient dans une autre dimension pendant ma semaine de coma, et dont j'ai finalement récupéré si complètement – entièrement secondaires.

L'amour et l'acceptation inconditionnels que j'ai connus au cours de mon voyage constituent la découverte la plus importante que j'ai jamais faite, ou ferai jamais et, aussi difficile qu'il sera pour moi de comprendre les autres leçons que j'ai apprises là-haut, je sais également dans mon cœur que partager ce message essentiel – si simple que la plupart des enfants l'acceptent sans hésiter – est désormais la tâche la plus importante qui m'attend. (...)

14. Une EMI particulière


Lorsque je me trouvais initialement dans le Monde Vu du Ver de terre, je n'avais pas de véritable centre de conscience. Je ne savais pas qui, ni ce que j'étais, ni même si j'étais. J'étais simplement... là, une forme singulière de conscience au milieu d'un néant épais, sombre, vaseux, qui n'avait pas de commencement et, apparemment, pas de fin.

Maintenant, cependant, je savais. Je comprenais que je faisais partie du Divin et que rien – absolument rien – ne pourrait jamais m'enlever cela. La (fausse) crainte que nous puissions d'une manière ou d'une autre être séparés de Dieu est à la racine de toutes les formes d'anxiété dans l'Univers, et le remède – que j'ai reçu en partie dans le Passage et complètement dans le Cœur – est la connaissance que rien ne peut jamais nous séparer de Dieu. Cette connaissance – qui reste la chose la plus importante que j'aie jamais apprise – a retiré au Monde Vu du Ver de terre son caractère effrayant et m'a permis de voir ce qu'il était vraiment : une partie du cosmos pas franchement agréable, mais sans doute nécessaire.

De nombreuses personnes ont voyagé dans les mêmes régions que moi mais, étrangement, la plupart d'entre elles se souvenaient de leur identité terrestre lorsqu'elles étaient loin de leur forme matérielle. Elles savaient qu'elles étaient John Smith ou George Johnson ou Sarah Brown. Elles n'ont jamais perdu de vue le fait qu'elles vivaient sur terre. Elles avaient conscience que leurs proches vivants étaient toujours là, attendant et espérant qu'elles reviennent. Elles ont aussi, dans de nombreux cas, rencontré des amis et des parents décédés avant elles et, dans ces situations également, elles ont immédiatement reconnu ces personnes. Beaucoup de témoins d'EMI ont rapporté le souvenir d'une revue de la vie, dans laquelle ils ont observé leurs interactions avec plusieurs personnes et leurs bonnes ou mauvaises actions au cours de leur vie.

Je n'ai vécu aucun de ces événements, et pris ensemble ils démontrent le caractère inhabituel de mon EMI. J'étais entièrement libéré de mon identité corporelle dans son intégralité, de sorte que tout aspect classique d'une EMI éventuellement lié au souvenir de qui j'étais sur terre était rigoureusement absent. Dire à ce stade des événements que je n'avais toujours aucune idée de qui j'étais ni d'où je venais peut sembler déconcertant, je le reconnais. Après tout, comment pouvais-je apprendre toutes ces choses étonnamment complexes et belles, comment pouvais-je voir la jeune femme à côté de moi et les arbres en fleurs, les chutes d'eau et les villageois, et ne pas savoir que c'était moi, Eben Alexander, qui en faisais l'expérience ? Comment pouvais-je comprendre tout ce que je comprenais et ne pas comprendre que sur terre, j'étais un médecin, un mari et un père ? Quelqu'un qui ne voyait pas des arbres, des rivières et des nuages pour la première fois en atteignant le Passage, mais qui en avait vu plus souvent qu'à son tour en grandissant dans la très concrète et très terrestre ville de Winston-Salem en Caroline du Nord ?

Ma meilleure tentative de réponse est de suggérer que j'étais dans une situation proche d'une personne victime d'une amnésie partielle mais bénéfique. C'est-à-dire une personne qui a oublié certains aspects clés à propos d'elle-même, mais qui tire bénéfice de cet oubli, même si cela dure peu de temps. De quelle façon ai-je profité de l'oubli de mon moi terrestre ? Cela m'a permis d'aller profondément dans des domaines au-delà de notre monde sans avoir à m'inquiéter de ce que je laissais derrière moi. Pendant tout ce temps dans ces mondes, j'étais une âme sans rien à perdre. Aucun endroit à oublier, personne à pleurer. J'arrivais de nulle part et je n'avais pas d'histoire, aussi j'acceptais pleinement les situations dans lesquelles je me trouvais – même l'obscurité et le chaos initial du Monde Vu du Ver de terre – avec équanimité. Et puisque j'avais oublié à ce point mon identité mortelle, j'ai pu avoir un accès intégral à l'être cosmique authentique que je suis réellement (et que nous sommes tous). Une fois de plus, par certains aspects, mon expérience était analogue à un rêve, dans lequel on se souvient de certaines choses à propos de soi-même tout en en oubliant complètement d'autres. Mais ce n'est qu'une analogie partiellement utile car, comme je ne cesse de le souligner, le Passage et le Coeur n'étaient absolument pas oniriques mais ultraréels – aussi loin de l'illusoire que l'on puisse se trouver.

Si j'emploie le terme retiré, cela sonne comme si l'absence de mes souvenirs terrestres dans le Monde Vu du Ver de terre, le Passage et le Cœur était d'une certaine manière intentionnelle. Je soupçonne désormais que c'était bien le cas. Au risque de trop simplifier, j'ai été autorisé à mourir plus radicalement et à voyager plus profondément que la plupart des expérienceurs d'EMI avant moi. Aussi arrogant que cela puisse sembler, mes intentions ne le sont pas. La littérature sur les EMI s'est révélée cruciale pour me permettre de comprendre mon propre voyage pendant le coma. Je ne peux prétendre savoir pourquoi j'ai vécu cette expérience, mais je sais maintenant (trois ans plus tard), d'après mes lectures sur les EMI, que la pénétration dans les plans supérieurs tend à être un processus graduel et réclame de l'individu qu'il abandonne ses attachements à quelque niveau qu'il se trouve, pour aller plus haut ou plus loin.

Ce n'était pas un problème pour moi car, tout au long de mon expérience, je n'avais aucun souvenir terrestre, et la seule douleur ou la seule peine se manifestait quand je devais retourner dans la terre, où j'avais commencé mon périple.

15. Le don de l’oubli


La conception de la conscience soutenue par la majorité des scientifiques aujourd'hui est qu'elle est composée d'information numérique – à savoir des données, essentiellement de même nature que celles qu'utilisent les ordinateurs. Bien que certaines de ces données – assister à un superbe coucher de soleil, écouter une merveilleuse symphonie pour la première fois ou même tomber amoureux – puissent nous sembler plus profondes ou spéciales que les innombrables autres fragments d'information qui sont créés et stockés dans notre cerveau, ce n'est vraiment qu'une illusion. Tous les fragments sont, en réalité, qualitativement les mêmes. Nos cerveaux modèlent la réalité extérieure en recevant l'information qui parvient par nos sens, et en la transformant en un riche canevas numérique. Mais nos perceptions sont seulement un modèle – et pas la réalité elle-même. Une illusion.

C'était, bien entendu, la conception que je défendais également. Je me souviens quand j'étais à l'école de médecine et que j'entendais parfois des arguments présentant la conscience comme rien d'autre qu'un programme informatique très complexe. Ces arguments laissaient entendre que les quelque dix milliards de neurones qui déchargent en permanence dans notre cerveau sont capables de produire la conscience et la mémoire de toute une vie.

Pour comprendre comment le cerveau pourrait effectivement bloquer la connaissance issue des plans supérieurs, nous devons accepter – au moins en tant qu'hypothèse pour le moment – que le cerveau lui-même ne produise pas la conscience. Qu’il est, plutôt, une sorte de valve de réduction ou de filtre, transformant la plus vaste conscience non physique qui est la nôtre dans les mondes non physiques en une capacité plus limitée pour la durée de nos vies mortelles. Il y a, du point de vue terrestre, un avantage très net à cela. Tout comme nos cerveaux travaillent dur à chaque instant de notre vie éveillée pour filtrer le déferlement d'informations sensorielles qui nous parviennent de notre environnement physique, sélectionnant les informations dont nous avons besoin pour survivre, de la même façon le fait d'oublier nos identités trans-terrestres nous permet également d'être « ici et maintenant » bien plus efficacement. Puisque la plupart des vies ordinaires contiennent déjà trop d'informations que nous puissions traiter pour pouvoir agir, être excessivement conscient des mondes au-delà de l'ici et maintenant freinerait encore davantage nos progrès. Si nous en savions trop sur le monde spirituel dès maintenant, alors conduire nos vies sur terre serait un défi encore plus grand qu'il ne l'est déjà. (Ce qui ne veut pas dire que nous ne devrions pas être conscients des mondes supérieurs d'ores et déjà – mais si nous sommes extra-conscients de leur grandeur et de leur immensité, ils peuvent brider notre action ici sur terre.) Depuis une perspective plus déterministe (et je crois désormais que l'Univers est absolument déterminé), prendre les bonnes décisions à l'aide du libre arbitre face au mal et à l'injustice sur terre signifierait bien moins si nous nous souvenions, pendant que nous sommes ici, de la beauté et de la magnificence de ce qui nous attend.

Pourquoi suis-je si sûr de tout cela ? Pour deux raisons. La première est qu'on me l'a montré (les êtres qui m'ont enseigné lorsque j'étais dans le Passage et le Cœur), et la seconde est que je l'ai réellement éprouvé. Pendant que j'étais au-delà de mon corps, j'ai reçu une connaissance sur la nature et la structure de l'Univers qui était largement au-delà de ma compréhension. Mais je l'ai reçue tout de même, en grande partie car, débarrassé de mes préoccupations matérielles, j'avais de la place pour cela. Maintenant que je suis de retour sur terre et que je me souviens de mon identité corporelle, la graine de cette connaissance trans-matérielle a de nouveau été enfouie. Et cependant, elle est toujours là. Je peux la sentir, à chaque instant. Cela prendra des années pour qu'elle s'épanouisse dans cet environnement terrestre. C'est-à-dire que cela me prendra des années pour comprendre, en utilisant mon cerveau mortel, matériel, ce que j'ai compris si instantanément et si facilement dans les plans délivrés du cerveau du monde supérieur. Cependant, je suis persuadé qu'en travaillant dur, une grande part de cette connaissance continuera à se révéler.

Dire qu’il existe toujours un gouffre entre notre compréhension scientifique actuelle de l'Univers et la vérité telle que je l'ai connue est un euphémisme colossal. J'aime toujours la physique et la cosmologie, j'aime toujours étudier notre vaste et merveilleux univers. Seulement, j'ai désormais une compréhension bien plus étendue de ce que « vaste » et « merveilleux » signifient réellement. La partie physique de l'Univers est comme un grain de poussière comparé à sa partie invisible et spirituelle. Dans mon ancienne vision du monde, spirituel n'était pas un mot que j'aurais employé au cours d'une conversation scientifique. Je pense désormais que c'est un mot dont nous ne pouvons faire l'économie.

Depuis le Cœur, ma compréhension de ce que nous appelons « énergie sombre » et « matière noire » semblait disposer d'explications claires, de même que d'autres aspects plus complexes de la composition de l'Univers que les humains n'aborderont pas avant longtemps. Cela ne veut pas dire pour autant que je peux vous les expliquer. Car – paradoxalement – je suis toujours en train d'essayer de les comprendre moi-même. Peut-être que la meilleure façon de faire partager cette partie de l'expérience est de dire que j'ai eu un avant-goût d'une autre forme de connaissance, plus étendue : une forme de connaissance à laquelle je pense que les êtres humains seront capables d'accéder en plus grand nombre à l'avenir. Mais tenter de partager cette connaissance maintenant me met un peu dans la position du chimpanzé qui deviendrait humain pendant une journée pour découvrir toutes les merveilles du savoir humain, puis qui retournerait auprès de ses camarades chimpanzés en essayant de leur décrire ce que c'était de connaître plusieurs langues romanes différentes, l'arithmétique et l'échelle immense de l'Univers.

Là-haut, une question naissait dans mon esprit et la réponse surgissait aussitôt, comme une fleur qui poussait juste à côté. C'était presque comme si, de même qu'aucune particule dans l'Univers n'est réellement séparée d'une autre, aucune question n'existait sans la réponse qui l'accompagnait. Et les réponses n'étaient pas non plus de simples « oui » ou « non ». Elles étaient de vastes édifices conceptuels, de prodigieuses structures de pensée vivante, aussi complexes que des villes. Des idées si grandes qu'il m'aurait fallu des vies entières pour en faire le tour si j'avais été limité à la pensée matérielle. Mais je ne l’étais pas. J’étais débarrassé de ce type de pensée comme un papillon sortant de sa chrysalide.

J'ai vu la terre comme un point bleu pâle dans l'immensité noire de l'espace physique. Je pouvais voir que la terre est un endroit où le bien et le mal se mélangent, et que cela constitue l'une de ses caractéristiques particulières. Il existe beaucoup plus de bien que de mal même sur terre, mais la terre est un lieu où le mal est autorisé à gagner de l'influence d'une façon qui serait totalement impossible à des niveaux supérieurs d'existence. Le fait que le mal puisse occasionnellement l'emporter était connu et voulu par le Créateur comme une conséquence nécessaire au fait d'avoir accordé le libre arbitre à des êtres tels que nous.

De petites particules de mal étaient éparpillées dans l'Univers, mais la somme de tout ce mal était un grain de sable sur une grande plage par comparaison avec la bonté, l'abondance, l'espoir et l'amour inconditionnel dont l'Univers était littéralement inondé. La structure même de l'autre dimension est l'amour et l'acceptation, et tout ce qui n'est pas doté de ces qualités apparaît immédiatement déplacé en ces lieux. Mais le libre arbitre nous est accordé au prix de la perte ou de l'éloignement de cet amour et de cette acceptation. Nous sommes libres ; mais nous sommes des êtres libres oppressés de tous côtés par un environnement qui conspire à nous faire sentir que nous ne sommes pas libres. Le libre arbitre est d'une importance centrale pour notre fonction dans le monde matériel : une fonction qui, comme nous le découvrirons tous un jour, sert le rôle bien plus grand de permettre notre domination au sein de la dimension alternative intemporelle. Notre vie ici-bas peut sembler insignifiante, car elle est en relation minimale avec les autres vies et les autres mondes qui emplissent les univers visibles et invisibles. Mais elle est aussi considérablement importante, car notre rôle ici est de croître en direction du Divin, et cette croissance est étroitement observée par les êtres des mondes supérieurs – les âmes et les sphères translucides (ces êtres que j'ai d'abord vus très loin au-dessus de moi dans le Passage, et dont je pense qu'ils sont à l'origine de notre concept culturel d'anges).

Nous – êtres spirituels actuellement incarnés dans nos cerveaux et nos corps mortels issus de l'évolution, produits de la terre et bourreaux de la terre – faisons les vrais choix. La véritable pensée n'est pas l'affaire du cerveau. Mais nous avons été tellement habitués – en partie par le cerveau lui-même – à l'associer avec ce que nous pensons et avec qui nous sommes, que nous avons perdu la capacité de comprendre que nous sommes de tout temps bien plus que les cerveaux et les corps physiques qui font – ou devraient faire – selon notre volonté.

La vraie pensée est pré-physique. C'est la pensée derrière la pensée qui est responsable de tous les choix véritablement conséquents que nous faisons dans le monde. Une pensée qui n'est pas dépendante de la déduction linéaire, mais qui se déplace aussi vite que l'éclair, opérant des connexions à différents niveaux et les rassemblant. Comparée à cette intelligence interne et libre, notre pensée ordinaire est désespérément lente et maladroite. C'est cette pensée qui attrape le ballon dans la surface de réparation, qui produit la juste intuition scientifique ou écrit la chanson inspirée. La pensée subliminale qui est toujours présente quand nous en avons besoin, mais à laquelle nous avons trop souvent perdu la possibilité à la fois d'accéder et de croire. (...)

Faire l'expérience de la pensée hors du cerveau revient à entrer dans un monde de connexions instantanées qui font de la pensée ordinaire (c'est-à-dire ces caractéristiques limitées par le cerveau physique et la vitesse de la lumière) un processus désespérément somnolent et laborieux par comparaison. Notre moi le plus vrai, le plus profond, est entièrement libre. Il n'est pas diminué ni compromis par des actions passées, ni concerné par des questions d'identité ou de statut. Il comprend qu'il n'a aucun besoin d'avoir peur du monde matériel et, donc, qu'il n'a aucun besoin de se construire à travers la gloire, la richesse ou la conquête.

C'est le moi spirituel véritable que chacun de nous est destiné à retrouver un jour. Mais, en attendant que ce jour vienne, je pense que nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour entrer en contact avec cet aspect miraculeux de nous-mêmes – de le cultiver et de l'amener en pleine lumière. Il s'agit de l'être qui vit en chacun de nous maintenant, et qui est en réalité l'être que Dieu désire ardemment que nous devenions.

Comment nous rapprochons-nous de ce moi spirituel authentique ? En manifestant de l'amour et de la compassion. Pourquoi ? Parce que l'amour et la compassion sont bien plus que les abstractions que beaucoup d'entre nous croient qu'ils sont. Ils sont réels. Ils sont concrets. Et ils constituent la structure même du monde spirituel. Afin de retourner dans ce monde, nous devons à nouveau devenir comme ce monde, même pendant que nous sommes coincés et nous agitons péniblement dans celui-ci.

L'une des plus grosses erreurs que font beaucoup de gens lorsqu'ils pensent à Dieu est d'imaginer Dieu comme impersonnel. Oui, Dieu est derrière les nombres, la perfection de l'univers que la science mesure et lutte pour comprendre. Mais – là encore, paradoxalement – Om est également « humain » – et même plus humain que vous et moi. Om comprend et compatit à notre situation humaine plus profondément et personnellement que nous ne pouvons l'imaginer, car Om sait ce que nous avons oublié, et comprend le terrible fardeau consistant à vivre en étant amnésique du Divin, ne serait-ce qu'un instant. (...)

 

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18. Oublier et se souvenir


Ma conscience était plus vaste maintenant. Si vaste qu'elle semblait emplir l'univers entier. Avez-vous déjà écouté une chanson sur une station de radio avec de nombreux parasites ? On s'habitue. Puis quelqu'un règle la fréquence, et vous entendez la même chanson dans toute sa clarté. Comment pouviez-vous ne pas avoir remarqué à quel point la première version était faible, lointaine, infidèle à l'original ? Bien sûr, c'est ainsi que l'esprit fonctionne. Les humains sont conçus pour s'adapter. J'avais expliqué de nombreuses fois à mes patients que tel ou tel inconfort s'atténuerait, ou du moins semblerait s'atténuer, à mesure que leur corps et leur cerveau s'adapteraient à la nouvelle situation. Si quelque chose dure assez longtemps, votre cerveau apprend à l'ignorer, à le contourner ou encore à le traiter de manière normale. Mais notre conscience matérielle limitée est loin d'être simplement normale, et j'en avais une première illustration lorsque je voyageais toujours plus profon

dément vers le centre du Cœur. Je ne me souvenais toujours pas de mon passé terrestre, et pourtant j'étais loin de m'en soucier. Même si j'avais oublié ma vie ici, je m'étais souvenu là-haut de qui j'étais vraiment et réellement. J'étais le citoyen d'un univers stupéfiant par son immensité et sa complexité, et dirigé entièrement par l'amour.

De façon presque surnaturelle, mes découvertes au-delà du corps faisaient écho aux leçons que j'avais apprises juste un an auparavant lorsque j'avais renoué avec ma famille biologique. Au bout du compte, aucun d'entre nous n'est orphelin. Nous sommes tous dans la situation dans laquelle j'étais, car nous avons une autre famille : les êtres qui nous surveillent et nous protègent – des êtres que nous avons momentanément oubliés mais qui, si nous nous ouvrons à leur présence, attendent de nous aider à naviguer pendant notre période ici, sur la terre. Aucun d'entre nous n'est privé d'amour. Chacun et tout le monde est profondément connu et choyé par un Créateur qui nous chérit au-delà de toute capacité pour nous de le comprendre. Ce savoir ne doit plus rester secret. (...)

20. La Fermeture


À chaque fois que je me retrouvais de nouveau englué dans le grossier Monde Vu du Ver de terre, j'étais capable de me rappeler la brillante Mélodie Tournoyante et filante, qui ouvrait le portail vers le Passage et le Cœur. J'ai passé de « longs » moments – qui paradoxalement semblaient ne pas avoir la moindre durée – en présence de mon ange gardien sur l'aile du papillon et une éternité à apprendre les leçons du Créateur et de la Sphère de Lumière dans le Cœur. À un certain point, je suis arrivé au bord du Passage et j'ai découvert que je ne pouvais plus y pénétrer. La Mélodie Tournoyante – jusque-là mon ticket pour me rendre dans ces régions supérieures – ne m'y emmenait plus. Les portes du Paradis étaient refermées.

Une fois de plus, décrire ce que j'ai ressenti est un défi extrême, et ce en raison du goulet d'étranglement du langage linéaire au travers duquel nous devons tout forcer ici sur terre, et à cause de l'aplatissement général de l'expérience qui se produit lorsqu'on se retrouve dans le corps. Pensez à toutes les fois où vous avez éprouvé de la déception. Il existe un sentiment par lequel toutes les pertes que nous subissons ici sur terre sont en vérité les variantes d'une perte absolument centrale : la perte du Paradis. Dès l'instant où les portes du Paradis ont été closes pour moi, j'ai ressenti une tristesse comme je n'en avais jamais connue. Les émotions sont différentes là-haut. Toutes les émotions humaines sont présentes, mais elles sont plus profondes, plus étendues – elles ne sont pas seulement à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur de nous. Imaginez si à chaque fois que votre humeur changeait, le climat changeait instantanément en accord avec elle. Si vos larmes déclenchaient une averse torrentielle et si votre joie faisait instantanément disparaître les nuages. Cela donne une indication de l'influence bien plus vaste et conséquente des changements d'humeur là-haut, et nous montre étrangement et puissamment à quel point ce que nous pensons comme « intérieur » et « extérieur » n'existe pas du tout.

Ainsi, je sombrais maintenant, le cœur brisé, dans un monde de chagrin qui grandissait sans cesse, une mélancolie qui était en même temps un authentique naufrage. Je suis descendu entre de grands murs de nuages. J’entendais des murmures autour de moi, mais je ne pouvais comprendre les mots. Puis je me suis rendu compte qu’un nombre incalculable d'êtres m'entouraient, agenouillés, formant un arc qui s'étendait au loin. En y repensant maintenant, je compris ce que faisaient ces hiérarchies d'êtres mi-vus et mi-ressentis, s'étendant dans l'obscurité au-dessus et en dessous de moi. Elles priaient pour moi. (...)

Les prières m'ont donné de l'énergie. C'est certainement pourquoi, aussi intensément triste que je pouvais l'être, quelque chose en moi a senti une étrange confiance m'assurant que tout irait bien. Ces êtres savaient que je vivais une transition, et ils chantaient et priaient pour m'aider à garder mon enthousiasme. J'étais conduit dans l'inconnu mais, à ce stade, j'avais pleinement foi et confiance dans le fait qu'on prendrait soin de moi, comme ma compagne sur l'aile du papillon et la Déité débordante d'amour me l'avaient promis – là où j'irais, le Paradis irait avec moi. Il viendrait sous la forme du Créateur, d'Om, et il viendrait sous la forme de l'ange – mon ange –, la Fille sur l'Aile du Papillon. Je m'en retournais, mais je n'étais pas seul – et je savais que je ne me sentirais plus jamais seul. (...)

33. L’énigme de la Conscience


Cela a pris environ deux mois pour que la batterie complète de mes connaissances neurochirurgicales revienne. Laissant de côté pour le moment le fait essentiellement miraculeux que ce soit revenu (il n'y a toujours aucun précédent à mon cas, dans lequel un cerveau soumis à une attaque longue et d'une telle gravité par une bactérie Gram négative comme E. coli retrouve presque ses pleines capacités), une fois que ça a été le cas, j'ai continué à lutter avec le fait que tout ce que j'avais appris en quatre décennies d'études et de travail sur le cerveau humain, sur l'Univers et sur ce qui constitue la réalité, était en conflit avec ce que j'avais connu pendant ces sept jours de coma. Quand je suis tombé dans le coma, j'étais un médecin matérialiste qui avait effectué toute sa carrière dans certaines des plus prestigieuses institutions de recherche au monde, et essayé de comprendre les connexions entre le cerveau humain et la conscience. Non pas que je ne croyais pas à la conscience. J'étais tout simplement mieux informé que la plupart des gens de la colossale improbabilité mécanique qu'elle puisse exister indépendamment – de quoi que ce soit !

Dans les années 1920, le physicien Werner Heisenberg (et d'autres fondateurs de la mécanique quantique) a fait une découverte si étrange que le monde ne l'a pas encore complètement intégrée. Lorsqu'on observe un phénomène quantique, il est impossible de séparer entièrement l'observateur (c'est-à-dire le scientifique qui fait l'expérience) de ce qui est observé. Dans notre expérience quotidienne, il est facile de ne pas remarquer ce fait. Nous voyons l’Univers comme un endroit rempli d'objets séparés (des tables et des chaises, des personnes et des planètes) qui interagissent occasionnellement entre eux, mais qui demeurent toutefois essentiellement séparés. Au niveau subatomique, cependant, cet univers d'objets isolés se révèle une totale illusion. Dans le domaine du super-superpetit, chaque objet de l'univers physique est connecté à tous les autres objets. En fait, il n'existe pas véritablement d’« objets » du tout dans le monde, mais seulement des vibrations de l'énergie et des relations.

Ce que cela voulait dire aurait dû sembler évident, mais ça ne l'a pas été pour beaucoup. Il était impossible de rechercher la réalité ultime de l’Univers sans utiliser la conscience. Loin d'être un produit dérivé sans importance des processus physiques (comme je le pensais avant mon expérience), la conscience est non seulement très réelle – elle est en fait plus réelle que le reste de l'existence physique, et elle est très certainement la base même de celle-ci. Mais, à ce jour, aucune de ces intuitions n'a été incorporée à l'imagerie scientifique de la réalité. De nombreux scientifiques tentent de le faire, mais il n'existe pas encore de « théorie du Tout » qui puisse combiner les lois de la mécanique quantique avec celles de la théorie de la relativité en cherchant à y inclure la conscience.

Tous les objets de l'univers physique sont constitués d'atomes. Les atomes, à leur tour, sont constitués de protons, d'électrons et de neutrons. Qui, pour leur part (comme les physiciens l'ont également découvert dans les premières années du XXe siècle), sont tous des particules. Et les particules sont constituées de... Eh bien, tout à fait franchement, les physiciens ne le savent pas vraiment. Mais une chose que nous savons à propos des particules est que chacune est connectée à toutes les autres dans l'univers. Elles sont toutes, au plus profond niveau, interconnectées.

 

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Avant mon expérience au-delà de ce monde, j'avais une connaissance globale de toutes ces idées scientifiques modernes, mais elles étaient lointaines et vagues. Dans le monde dans lequel je vivais et me déplaçais – le monde des voitures et des tables d'opération et des patients qui allaient bien ou pas selon, pour une part, que je parvenais à les opérer avec succès –, ces phénomènes de physique subatomique étaient fuyants et distants. Ils étaient peut-être vrais, mais ne concernaient pas ma réalité quotidienne. Mais quand j'ai laissé mon corps derrière moi, j'ai éprouvé ces faits directement. En fait, je pense pouvoir dire que, même si je ne connaissais plus le mot à ce moment-là, je « faisais de la science » lorsque j'étais dans le Passage et dans le Cœur. De la science qui reposait sur l'outil le plus vrai et le plus sophistiqué que nous possédions pour la recherche scientifique : la conscience elle-même.

Plus je creusais et plus je devenais convaincu que ma découverte n'était pas seulement intéressante ou spectaculaire. Elle était scientifique. Selon la personne à qui vous parlez, la conscience est soit le plus grand mystère qui se pose à l'investigation scientifique, soit un non-problème intégral. Le plus étonnant est le nombre de scientifiques qui adoptent ce second point de vue. Pour beaucoup – peut-être la plupart – des scientifiques, la conscience n'est pas quelque chose dont on doit se préoccuper, car il s'agit simplement d'un sous-produit de processus physiques. Beaucoup de scientifiques vont plus loin, expliquant que non seulement la conscience est un phénomène secondaire, mais qu'en plus elle n'est même pas réelle.

Cependant, plusieurs figures des neurosciences de la conscience et de la philosophie de l'esprit ne seraient pas d'accord. Au cours de ces dernières décennies, ils en sont venus à reconnaître le « problème difficile de la conscience ». Même si l'idée était dans l'air depuis longtemps, c'est David Chalmers qui l'a définie dans son brillant livre de 1996, L’Esprit conscient. Le problème difficile concerne l'existence même de l'expérience consciente et peut être réduit à ces questions : Comment la conscience naît-elle du fonctionnement du cerveau humain ? Comment est-elle reliée au comportement qu'elle accompagne ? Comment le monde perçu se rapporte-t-il au monde réel ?

Le problème difficile est tellement délicat à résoudre que certains penseurs ont estimé que la réponse se trouve en dehors de la « science » elle-même. Mais le fait qu'elle se situe au-delà des limites de la science actuelle ne rabaisse en rien le phénomène de la conscience – en fait, cela indique au contraire la profondeur insondable de son rôle dans l’Univers.

La prééminence d'une méthode scientifique uniquement fondée sur la réalité physique au cours des quatre cents dernières années pose un problème majeur : nous avons perdu le contact avec le profond mystère qui réside au centre même de notre existence – notre conscience. C'était (sous différents noms et manifesté au travers de différentes visions du monde) quelque chose de bien connu et de fondamental pour les religions pré-modernes, mais qui a été perdu par notre culture occidentale sécularisée à mesure que nous tombions amoureux du pouvoir de la science et de la technologie modernes.

Pour chaque succès de la civilisation occidentale, le monde a payé un prix élevé sous la forme du plus crucial constituant de l'existence – notre esprit humain. La part d'ombre de la haute technologie – la guerre moderne, les homicides et suicides inconsidérés, le délabrement urbain, la pagaille écologique, le changement cataclysmique du climat, la polarisation des ressources économiques – est bien assez laide. Pire encore, notre focalisation sur le progrès exponentiel de la science et de la technologie a laissé nombre d'entre nous relativement dépourvus dans le domaine du sens et de la joie, et de la conviction que nos vies s'inscrivent dans le grand plan de l'existence pour toute éternité.

Les questions concernant l'âme et l'après-vie, la réincarnation, Dieu et le paradis se sont révélées trop difficiles à traiter par les moyens scientifiques conventionnels, ce qui impliquait qu'elles ne se posaient peut-être pas. De même, les phénomènes de conscience étendue comme la vision à distance, la perception extrasensorielle, la psychokinèse, la clairvoyance, la télépathie et la précognition, semblent avoir toujours obstinément résisté à toute compréhension par l'investigation scientifique « standard ». Je doutais de leur authenticité avant mon coma, principalement parce que je n'en avais jamais fait l'expérience à un niveau profond, et parce qu'ils ne pouvaient pas être aisément expliqués par ma conception scientifique simpliste du monde.

Comme beaucoup d'autres scientifiques sceptiques, je refusais même d'étudier les données pertinentes sur les questions relatives à ces phénomènes. Je préjugeais des données et de ceux qui les fournissaient, car ma perspective limitée ne parvenait pas à proposer le plus vague concept de la façon dont de telles choses pouvaient réellement se produire. Ceux qui prétendent qu'il n'existe aucune preuve des phénomènes indiquant l'existence d'une conscience étendue, alors qu'elles sont au contraire considérables, sont délibérément ignorants. Ils croient connaître la vérité sans avoir besoin de regarder les faits.

Pour ceux qui sont toujours pris au piège du scepticisme scientifique, je recommande le livre Irreducible Mind: Toward a Psychology for the 21st Century, publié en 2007. Les preuves d'une conscience hors du corps y sont bien présentées avec la rigueur de l'analyse scientifique. Irreducible Mind est une œuvre importante qui vient d'un groupe de haute réputation, la Division des études sur la perception, basée à l'université de Virginie. Les auteurs proposent une présentation exhaustive des données significatives, et la conclusion est incontournable : ces phénomènes sont réels et nous devons essayer de comprendre leur nature si nous voulons saisir la réalité de notre existence.

Nous avons été amenés à croire que la vision scientifique du monde approche à grands pas d'une théorie du Tout, qui ne laisserait que peu de place à notre âme, notre esprit, ou bien au paradis et à Dieu. Mon voyage dans les profondeurs du coma, hors de cette humble réalité physique vers la plus majestueuse demeure du Créateur tout-puissant, m'a révélé l'abîme insondable entre notre connaissance humaine et l'incommensurable royaume de Dieu.

Chacun de nous est plus familier avec la conscience qu'avec quoi que ce soit d'autre et, pourtant, nous en comprenons bien plus sur le reste de l'univers que sur les mécanismes de la conscience. Elle est tellement proche de nous-mêmes qu'elle est presque à jamais hors de notre atteinte. Rien dans la physique du monde matériel (quarks, électrons, photons, atomes, etc.), et notamment dans les structures complexes du cerveau, ne livre la moindre clé pour éclairer les mécanismes de la conscience. En fait, l'indice le plus grand de la réalité du domaine spirituel est ce profond mystère de notre existence consciente. C'est une révélation bien plus mystérieuse que tout ce que les physiciens ou les neuroscientifiques se sont montrés capables de prendre en compte, et leur incapacité à le faire a laissé les relations intimes entre la conscience et la mécanique quantique – et donc la réalité physique – obscurcies.

Pour étudier véritablement l’Univers plus en profondeur, nous devons reconnaître le rôle fondamental de la conscience dans la représentation de la réalité. Les expériences de la mécanique quantique ont choqué les brillants fondateurs de ce domaine, dont beaucoup (Werner Heisenberg, Wolfgang Pauli, Niels Bohr, Erwin Schrödinger, Sir James Jeans, pour n'en citer que quelques-uns) se sont tournés vers des visions mystiques du monde alors qu'ils cherchaient des réponses. Ils ont compris qu’il était impossible de séparer l'expérimentateur de l'expérience et d'expliquer la réalité sans la conscience. J'ai découvert, au-delà de ce monde, l'immensité et la complexité indescriptibles de l’Univers, et le fait que la conscience est la base même de tout ce qui existe. J'étais tellement connecté à lui qu'il n'y avait souvent aucune véritable distinction entre « moi » et le monde dans lequel je me déplaçais. Si je devais résumer tout ceci, je dirais tout d'abord que l’Univers est bien plus grand qu'il semble l'être si nous regardons seulement ses parties visibles. (Ce qui n'a toutefois rien d'une intuition révolutionnaire puisque la science conventionnelle reconnaît que 96 % de l'univers est composé de « matière noire » et d’« énergie sombre ». Que sont ces obscures entités* ? Personne ne le sait encore. Mais ce qui a rendu mon expérience inhabituelle est la brutale immédiateté avec laquelle j'ai éprouvé le rôle essentiel de la conscience, ou de l'esprit. Ce n'était pas de la théorie quand j'ai appris cela, mais un fait, aussi irrésistible et immédiat qu'un souffle de vent polaire sur le visage.

En second lieu : chacun de nous est inextricablement connecté au plus vaste Univers. Il est notre véritable demeure, et penser que ce monde matériel est tout ce qui compte revient à s'enfermer dans un petit placard et imaginer qu'il n'y a rien autour. Et troisièmement : le pouvoir crucial de la conviction dans la facilitation de l'influence de « l’esprit sur la matière ». J'étais souvent dérouté quand j'étais étudiant en médecine par le pouvoir déconcertant de l'effet placebo – le fait que les essais de médicaments devaient dépasser les 30 % environ de bénéfice attribuable à la seule croyance du patient dans le fait qu'il recevait un médicament qui allait l'aider, même si ce n'était qu'une substance inerte. Au lieu d'y voir le pouvoir sous-jacent de la conviction, et la façon dont elle influençait notre santé, la profession médicale voyait le verre « à moitié vide » – l'effet placebo était un obstacle à la démonstration d'un traitement.

Au cœur de l'énigme de la mécanique quantique réside notre conception erronée de la localisation dans l'espace et le temps. En réalité, le reste de l’Univers – c'est-à-dire la vaste majorité de celui-ci – n'est pas éloigné de nous dans l'espace. Oui, l'espace physique semble réel, mais il est limité également. La longueur et la hauteur totales de l’Univers physique ne sont rien comparées au monde spirituel d'où il provient – le plan de la conscience (auquel certains se réfèrent comme « la force de vie »).

Cet autre Univers, bien plus grand, n'est pas « au loin » du tout. En fait, il est ici-même – exactement là où je suis écrivant cette phrase, et exactement là où vous êtes en train de la lire. Il n'est pas éloigné physiquement, mais il existe comme sur une autre fréquence. Il est ici et maintenant mais nous n'en avons pas conscience, car nous sommes le plus souvent fermés à ces fréquences sur lesquelles il se manifeste. Nous vivons dans les dimensions familières de l'espace et du temps, pris au piège des étranges limitations de nos organes sensoriels et de notre perception graduelle dans un spectre partant du niveau quantique subatomique jusqu'à l'univers entier. Ces dimensions, qui ont leur propre fonctionnement avec le succès que l’on sait, nous interdisent aussi l'accès aux autres dimensions qui existent.

Les anciens Grecs avaient découvert cela il y a longtemps, et je ne faisais que redécouvrir pour moi-même ce qu'ils savaient déjà : le semblable attire (et comprend) le semblable. L’Univers est construit de telle sorte que, pour comprendre pleinement n'importe quelle partie de ses multiples dimensions et niveaux, il faut devenir une partie de cette dimension. Ou encore, plus précisément, il faut s'ouvrir à une identité avec cette partie de l’Univers que l'on possède déjà, mais que l'on a peut-être occultée.

L’Univers n'a ni début ni fin, et Dieu est entièrement présent dans chacune de ses particules. Beaucoup – en fait, l'essentiel – de ce que les hommes ont eu à dire sur Dieu et les mondes spirituels supérieurs a consisté à souhaiter les faire descendre à notre niveau, plutôt que d'élever nos perceptions à leurs niveaux. Nous souillons, avec nos descriptions imparfaites, leur nature véritablement grandiose.

Mais bien qu'il n'ait pas de commencement ni de fin, l’Univers a des signes de ponctuation, dont l'objectif est d'amener des êtres à l'existence et leur permettre de participer à la gloire de Dieu. Le big bang qui a créé notre Univers était l'un de ces « signes de ponctuation » créatifs. La vision d'Om était extérieure, englobant l'ensemble de la création d'Om au-delà même de mon propre champ de vision hyperdimensionnel. Là, voir était savoir. Il n'y avait aucune distinction entre faire l'expérience de quelque chose et le fait pour moi de le comprendre.

« J'étais aveugle et maintenant je vois », prenait maintenant une toute autre signification alors que je comprenais à quel point nous, sur terre, sommes aveugles à la pleine nature de l’Univers spirituel – notamment les personnes comme celles que j'étais, qui croyaient que la matière était la réalité première et que tout le reste – la pensée, la conscience, les idées, les émotions, l'esprit – n'en était que de simples productions. Cette révélation m'a grandement inspiré, car elle m'a permis de voir les sommets stupéfiants de communion et de compréhension qui nous restent à gravir, lorsque chacun d'entre nous laissera derrière lui les limitations de son corps physique et de son cerveau.

L'humour. L'ironie. La compassion. J'avais toujours pensé qu'il s'agissait là de qualités développées par les humains pour supporter ce monde si souvent cruel et injuste. Et c'est le cas. Mais en plus d'être des réconforts, ces qualités sont des reconnaissances – brèves, fugaces, mais si importantes – du fait que, quelles que soient nos luttes et nos souffrances dans le monde actuel, elles ne peuvent pas réellement blesser les êtres plus grands et éternels que nous sommes en réalité. Le rire et l'ironie sont fondamentalement des rappels du fait que nous ne sommes pas prisonniers de ce monde, mais des voyageurs qui le traversons. Un autre aspect de cette bonne nouvelle est que l'on n'a pas besoin d'approcher la mort pour jeter un regard derrière le voile – mais on doit faire le travail. Apprendre sur ce monde à partir de livres et de conférences est un début – mais, au bout du compte, nous devons tous aller profondément dans notre propre conscience, par la prière ou la méditation, pour accéder à ces vérités.

La méditation se présente sous de nombreuses formes différentes. La plus utile pour moi depuis mon coma a été celle développée par Robert A. Monroe, fondateur de l'Institut Monroe à Faber en Virginie. Leur indépendance de toute philosophie dogmatique est un avantage certain. Le seul dogme associé au système d'exercices de méditation de Monroe est : « Je suis plus que mon corps physique ». Cette simple acceptation a de profondes implications.

Robert Monroe était un producteur de radio à succès dans les années 1950 à New York. Alors qu'il faisait des recherches sur les enregistrements audio utilisés en thérapies du sommeil, il a commencé à vivre des expériences de sortie hors du corps. Ses recherches minutieuses sur plus de quatre décennies ont abouti à un système puissant permettant de faciliter l'exploration profonde de la conscience, fondé sur une technologie audio qu'il a développée sous le nom d’« Hémi-Sync ».

L'Hémi-Sync peut augmenter l'attention sélective et la performance à travers la création d'un état de relaxation. Cependant, l'Hémi-Sync offre bien plus que cela – les états supérieurs de conscience donnent accès à des modes de perception alternatifs, dont la méditation et les états mystiques profonds. L’Hémi-Sync repose sur la physique de la résonance et de la synchronisation des ondes cérébrales, sur leur relation avec la psychologie perceptive et comportementale de la conscience, et avec la physiologie fondamentale du cerveau-esprit et de la conscience.

L'Hémi-Sync utilise différents motifs d'ondes sonores stéréophoniques (de fréquences sensiblement différentes dans chaque oreille) pour induire une activité synchronisée des ondes cérébrales. Ces « battements binauraux » sont générés à une fréquence qui est la différence arithmétique entre les fréquences des deux signaux. En utilisant un système ancien mais très précis dans le tronc cérébral qui permet en principe la localisation des sources sonores dans le plan horizontal autour de la tête, ces battements binauraux peuvent entraîner le système réticulé activateur adjacent, qui fournit des signaux temporels réguliers au thalamus et au cortex, permettant la manifestation de la conscience. Ces signaux génèrent une synchronisation des ondes cérébrales dans la gamme de 1 à 25 Hz, y compris la zone cruciale située sous le seuil de l'audition humaine (20 Hz). Cette gamme la plus basse est associée aux ondes cérébrales de type delta (< 4 Hz, normalement observées dans le sommeil profond sans rêve), thêta (de 4 à 7 Hz, observées dans la méditation et la relaxation profonde, et dans le sommeil non-REM — mouvements oculaires rapides), et alpha (de 7 à 13 Hz, caractéristiques du sommeil paradoxal ou REM – associé au rêve –, de l'endormissement et de la relaxation légère).

Dans ma recherche de réponses après mon coma, l'Hémi-Sync m'a potentiellement offert un moyen d'inactiver la fonction de filtre du cerveau humain en synchronisant globalement l'activité électrique de mon néocortex, tout comme ma méningite avait dû le faire, pour libérer ma conscience au-delà du corps. Je pense que l'Hémi-Sync m'a permis de retourner dans un monde similaire à celui que j'ai visité pendant mon coma, mais sans avoir besoin de frôler la mort. Mais tout comme mes rêves de vol lorsque j'étais enfant, il s'agit largement d'un processus consistant à autoriser le voyage à se dérouler – si j'essaie de le forcer, d'y penser trop fort ou d'appliquer le procédé de manière trop intense, cela ne fonctionne pas.

Utiliser le terme omniscient est inapproprié, car le pouvoir créatif sidérant dont j'ai été le témoin est au-delà de toute appellation. J'ai compris que les proscriptions de certaines religions interdisant de nommer Dieu ou de dépeindre les prophètes divins contenaient en effet une justification intuitive, car la réalité de Dieu est en vérité totalement au-delà de toute tentative humaine de capturer Dieu en mots ou en images tant que nous sommes ici sur terre.

De même que ma conscience était à la fois individuelle et complètement unifiée à l’Univers, les confins de ce que j'éprouvais comme mon « moi » se contractaient parfois et s'étendaient d'autres fois pour englober tout ce qui existe à travers l'éternité. L'effacement des limites entre ma conscience et le monde autour de moi est allé si loin que je suis, par moments, devenu l’Univers entier. Une autre façon serait de dire que j'ai momentanément perçu mon identité avec l’Univers, qui avait toujours été là, mais à laquelle j'avais jusqu'alors été aveugle.

Une analogie que j'utilise souvent pour parler de ma conscience au plus profond niveau est celle d'un œuf de poule. Alors que j'étais dans le Cœur, même lorsque je suis devenu Un avec la Sphère de lumière et la totalité de l'univers hyper-dimensionnel de toute éternité, et intimement Un avec Dieu, je sentais nettement que l'aspect créatif, primordial (premier mouvement) de Dieu était la coquille autour du contenu de l'œuf, à la fois intimement et entièrement impliqué (en tant que notre conscience est une extension du Divin), et cependant à jamais au-delà de toute capacité d'identification absolue avec la conscience du créé. Même lorsque ma conscience est devenue identique à tout et de toute éternité, je sentais que je ne pouvais pas devenir entièrement Un avec la cause créatrice et originelle de tout ce qui est. Au cœur de l'unité infinie, cette dualité était toujours présente. Il est possible qu'une telle dualité apparente soit simplement le résultat de la tentative de ramener cette conscience dans ce monde.

Je n'ai jamais entendu la voix d'Om directement, ni vu son visage. C'était comme si Om me parlait à travers des pensées qui étaient comme des murs de vagues me traversant, remuant tout autour de moi et me montrant qu'il existe une substance plus profonde de l'existence – une substance dont nous faisons tous et toujours partie, mais dont nous ne sommes généralement pas conscients.

Ainsi, je communiquais directement avec Dieu ? Absolument. Exprimé de cette façon, cela semble grandiloquent. Mais lorsque cela se produisait, je ne le ressentais pas ainsi. Au contraire, je sentais que je faisais ce que toute âme est capable de faire quand elle quitte son corps, et que nous pouvons tous faire maintenant grâce à différentes méthodes de prière ou de méditation profonde. Communiquer avec Dieu est l'expérience la plus extraordinaire qu'on puisse imaginer et en même temps c'est la plus naturelle de toutes, car Dieu est présent en nous à chaque instant. Omniscient, omnipotent, personnel – et nous aimant sans conditions. Nous formons Un à travers notre lien divin avec Dieu.

 

Source : Dr Alexander EBEN, La preuve du Paradis (Guy Trédaniel, 2013, 237 p., 18 €)

 

* L'univers se compose à 70 % d’« énergie sombre », cette force très mystérieuse découverte par les astronomes à la fin des années 1990 lorsqu'ils ont mis au jour une preuve irréfutable de l'accélération de l'expansion de l’Univers, basée sur les supernovae de type Ia qui tombent vers le haut depuis cinq milliards d'années. Et à 26 % de « matière noire », d'après l'excès anormal de gravité qui se révèle depuis quelques décennies lors de la rotation des galaxies et des amas de galaxies. Des explications viendront, mais les mystères au-delà persisteront.

 

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Published by Christophe - dans clesdevie
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commentaires

Mina 01/12/2014 01:29

Hallucinant! Je suis à fond sur ces expériences(NDE ET EMI) qu'elles soient négatives ou positives et celle-ci me paraît la mieux expliquée du point de vue conceptuel de cette réalité spirituel! Merci pour ce partage!